Atelier Oscar Roncari - Février 2008

oscar Cet atelier a été préparé de longue date par Thierry et avait pour thème principal le travail du « Chamaecyparis obtusa nana gracili» qu' Oscar connaît très bien.

Les arbres ont été trouvés par Thierry, durant l’été, dans une pépinière orléanaise et proposés aux amateurs à la rentrée d’automne. Mais le choix était laissé aux stagiaires de travailler un arbre de leur collection autre que le Chamaecyparis. Le nombre de participants à l’atelier a été volontairement limité à 14 personnes pour laisser à l’animateur le temps de faire un travail approfondi avec chaque stagiaire. La matinée du samedi a été consacrée à l’analyse en commun des arbres de collections : ce fut un moment très riche durant lequel Oscar nous a fait part de sa « lecture » des arbres, de la recherche de leur histoire et de leur logique de croissance. Ces notions dominaient aussi l’analyse des chamaecyparis, pour rechercher le style le plus approprié à chaque arbre et pour conduire, en cohérence, les travaux de mise en forme par la taille et les ligatures. Les travaux d’aujourd’hui vont influencer le futur de l’arbre ; il est essentiel que cette évolution corresponde avec la vision personnelle, à long terme, qu’on a de l’arbre. Mais cette vision doit prendre en compte la nature propre de l’arbre, à savoir , d’une part son histoire vécue qu’il nous raconte par la forme de son tronc, de ses branches, de sa cime, et d’autre part les contraintes qui peuvent altérer son développement. La vision esthétique du propriétaire ne correspond pas toujours aux meilleures conditions de croissance pour l’arbre, ce qui conduit tôt ou tard à un problème qu’il faudra résoudre par la reprise d’une structure mieux adaptée. Résultat : on a perdu beaucoup de temps.

Le Chamaecyparis

Nom japonais : « Hinoki ». C’est le nom d’une ville japonaise. Le nom de la variété européenne est C. obtusa nana gracilis . Il a une belle écorce et un feuillage fin plutôt féminin. C’est un très bel arbre pour la culture en bonsaï. Ces arbres sont greffés sur des pieds de thuya. L’inconvénient, c’est que le point de greffe est très apparent à la base du tronc ; l’avantage, c’est qu’il émet beaucoup de radicelles très denses et le système radiculaire va rapidement coloniser tout le substrat. Au rempotage, il supporte un raccourcissement assez important du volume et de la longueur de ses racines. Il a la réputation de pousser lentement : ce n’est pas si vrai. Il est relativement simple à travailler quand on connaît son mode de fonctionnement. Il réagit bien à la taille. Il est généreux dans son développement. Même les grosses branches restent assez souples et supportent bien les mises en forme. La ligature peut rester longtemps en place. Mais 2 ou 3 ligatures successives sont nécessaire pour que la position des branches soit fixée.

Pour une bonne croissance, il faut veiller à la pénétration de la lumière en dégageant les pousses sur les branches secondaires en gardant des pousses tertiaires en alternance le long de la branche secondaire. Éliminer les feuilles pour dégager la ligne des branches c'est-à-dire éliminer, par exemple, les pousses à la fourche des branches secondaire et tertiaires. Lorsque les feuilles se superposent aux extrémités, on supprimera les plus faibles en coupant les pousses à la base

Travail sur le Chamaecyparis et les autres arbres:

En début de l’après midi du samedi, chaque participant a pris son arbre en main en vue de le transformer en pré-bonsaï pour dimanche soir. Avec les conseils d’Oscar et l’assistance de Thierry chacun a pu mener avec enthousiasme les différentes étapes de réflexion d’abord et de travail ensuite. Observation de la structure de l’arbre, idées pour un projet en tenant compte des observations du matin, discussion avec Oscar, cime et sélection des branches ; nettoyage de l’arbre des branches et pousses inutiles, taille et ligature. Le résultat final était de bonne qualité et chacun a terminé cet atelier avec un (ou des) arbre de bonne allure avec des perspectives bien précises pour lui garantir un développement pérenne.

Suite à donner aux Chamaecyparis

Rempotage au printemps : utiliser un mélange drainant réparti partout en laissant un peu de terre d’origine ; pot plat.

Laisser pousser ; n’entreprendre la sélection des pousses que plus tard quand elles seront devenues denses.

Engrais : de façon générale, utiliser de l’engrais organique ; en petite quantité lorsque l’arbre aura commencé à « fonctionner ». Engrais liquide ensuite, en arrosage, une fois par semaine

Comment gérer dans le temps la pousse d’un arbre déjà formé

Il existe une logique de croissance d’un arbre. Les arbres sont le plus souvent des végétaux à prédominance apicale. Il faut former une vraie cime. Si un arbre possède un sommet dirigé vers le bas (là où se concentre toute la vitalité et là où la pousse est la plus forte) il faudra beaucoup de temps pour que de nouvelles branches se forment et grandissent vers le haut pour former une vraie cime. Des tailles judicieuses pourront favoriser cette nouvelle pousse en déviant les flux de sève vers le haut. Dans un but évident de gain de temps, ce travail devra s’effectuer le plus tôt possible dans la formation d’un arbre.

Quelques conseils prodigués par Oscar

Rempotages:

Si les rempotages sont mal réalisés, prendre garde au déséquilibre hydrique pouvant se créer entre les deux substrats : celui d’origine de la plante, souvent à base de tourbe/terreau avec une rétention en eau maximum et un substrat pour bonsaï extrêmement drainant (Akadama). Au bout d’un certain temps, après arrosage, le substrat le plus drainant s’assèchera alors que l’ancien autour des racines restera encore gorgé d’eau. Surviendra un risque élevé de pourrissement des racines Conifères : les pins prélevés ont souvent peu de racines actives et vivent souvent sur une ou deux racines actives seulement : prudence au rempotage

Tailles de structures:

Pour démarrer la formation d’un arbre, il faut souvent couper des branches d’un diamètre très important. Procéder en plusieurs étapes sur plusieurs années. Laisser quelques branches comme « «tire sève». Les petites branches qui poussent autour de la cicatrice vont aider à la formation du bourrelet. La plaie se refermera beaucoup plus vite. Ne pas négliger la partie souterraine. Si nous taillons la partie aérienne sévèrement et qu’un peu plus tard nous taillons les racines, les branches déjà travaillées risquent de mourir.

Conteneurs :

Utiliser des pots plutôt larges et pas trop profonds. Avec des pots cylindriques et profonds, certaines racines vont plonger vers le bas, d’autres vont se développer latéralement et une fois arrivées sur le bord du pot, elles vont tourner. Le jour du rempotage, nous aurons peut-être la mauvaise surprise de découvrir un pain de racines trop long, impossible à loger dans un pot plus petit. Avec des bacs moins hauts :le travail de la base sera amélioré car les racines auront tendance à pousser horizontalement. Des radicelles vont se développer près du nebari. Résultat : moins de mauvaises surprises au rempotage.